19 décembre 2006

POUPEE et la famille Lapin

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Il y avait dans le grand jardin de chez Monsieur Pierre une cabane de lapins. Elle était grise, cette cabane et cachée derrière la maison. Monsieur le vent, avec ses grosses joues et son habit gris, soufflait de temps en temps tout prêt de cette cabane, et la maman Lapin disait à ses petits enfants :
-Ecoutez, c’est Monsieur le Vent qui souffle pour faire faire aux arbres et aux fleurs de grandes révérences et nous dire bonjour.

Alors, les trois petits nez se mettaient en dehors des barreaux de la cabane, et avec leurs pattes soyeuses envoyaient des baisers aux fleurs.
Monsieur Pierre passait souvent par là et donnait à manger à ses pensionnaires. Le premier repas était à neuf heures. Jeannot Lapin aimait beaucoup les carottes ; Coco Lapin, lui préférait les feuilles de chou ; quant à Bébé Lapin, il adorait les épluchures de pommes de terre. Aussi, Monsieur Pierre en apportait-il pour tous les goûts.

Tout près de la cabane de Maman Lapin, il y avait une grande fleur rose, qui s’appelait Poupée.
Poupée dormait tard le matin, et quand elle ouvrait les yeux, le soleil était déjà installé dans le jardin de Monsieur Pierre.
Alors, elle se levait, faisait sa toilette comme une grande fille, et ne pleurait pas lorsqu’elle se mettait un peu de savon dans les yeux.

Jeannot Lapin était très capricieux, et sa nounou se mettait en colère :

-   Jeannot, si vous n’obéissez pas, mon garçon, je vous mettrai la tête entre les deux oreilles. Allons, venez ici que je lave vos dents.
-   Mais Jeannot pleurait et désobéissait.
-   
Alors, Poupée, la grande fleur, qui était déjà prête, se hissait sur la pointe de ses petits pieds, et par la fenêtre de la cabane regardait Jeannot d’un air de reproche.
Ce dernier, honteux, lavait bien vite ses dents en souriant.

Mais, un jour, oh ! c’est très mal, très mal, Poupée arriva tout doucement pendant que Nounou était allée laver du linge et que les enfants dormaient ; elle s’approcha sans bruit.

- Ohé ! Ohé ! Jeannot, Coco, Bébé, venez vite, nous allons nous promener tout seuls !
Les enfants Lapin se réveillèrent…
- Tout seuls, mais c’est défendu !
- Rien qu’un petit moment, dit Poupée, personne ne nous verra.

Alors, les petits imprudents quittèrent la cabane grise, Poupée marchait devant en faisant de grands pas.
Jeannot, Coco et Bébé la suivaient, ils allèrent ainsi dans des petits sentiers, ils sautaient par-dessus les cailloux roses, riaient au soleil, grimpaient aux arbres, se penchaient pour regarder leurs yeux dans les flaques d’eau… Ils gagnèrent ainsi le petit bois.
Et tout à coup, le soleil leur dit :

-   Bonsoir, mes amis, c’est l’heure de dormir.
-   Et il alla se coucher.

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-   Bébé Lapin était très triste, il se mit à pleurer et dit :
-   - Je veux revoir maman, je ne veux pas rester dans le bois la nuit. Et si Monsieur Renard arrivait…

En pensant à Monsieur Renard, les quatre désobéissants eurent peur, et puis les branches des arbres frémissaient, alors, ils tremblaient de tous leurs membres.
Comment faire pour rentrer ?
Ils s’assirent autour d’un grand arbre en se serrant les uns tout près des autres. Ils pleuraient de plus en plus fort.
Leurs grosses larmes dans l’herbe, étaient devenues un petit ruisseau, et voilà qu’au milieu de la nuit, un papillon jaune vint se poser au milieu du petit ruisseau, alors une grosse larme de Poupée tomba sur les ailes du papillon.

-   Gentil papillon, sauve-nous, emmène-nous auprès de maman Lapin, nous sommes partis seuls dans le grand bois, et nous ne savons plus retrouver notre chemin. Toi qui a de si jolies ailes et qui connais le bois, montre-nous où est la clairière, et jamais plus nous ne désobéirons.
Et soudain, les feuilles se firent entendre, et les buissons dirent :

-   Chut, chut, Voici Monsieur Renard qui arrive par ici…

Monsieur Renard arrivait en effet avec son grand chapeau, sa canne et sa besace. Il sifflait tout heureux à la pensée de trouver des petits lapins dans le bois.

-Ah ! Ah ! Quelle bonne sauce, je vais faire !
- Ah ! Ah ! J’aurai de quoi me satisfaire !

Pendant ce temps, le petit papillon jaune était allé retrouver ses frères, ses sœurs, ses cousins, ses amis. Ils étaient nombreux, nombreux.
Ils se donnèrent rendez-vous et attelèrent derrière eux un char très léger, mais qui pouvait contenir Jeannot, Coco, Bébé et même Poupée.

Avant que Monsieur Renard fut arrivé près d’eux, les papillons installèrent toute la petite famille, puis ils partirent bien haut, bien haut au-dessus des grands arbres, et ils s’envolèrent jusque dans le grand jardin de Monsieur Pierre, près de la cabane grise, où Maman Lapin et Nounou pleuraient, croyant leurs enfants perdus.

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Quand ils sont arrivés, Nounou et Maman Lapin les ont embrassés, parce qu’ils ont demandé pardon très gentiment et ont promis que plus jamais ils n’iraient seuls dans le grand bois.
Depuis, ils ont été très sages, et les petits lapins, et Poupée la grande fleur n’ont jamais oublié les gentils papillons.

Conte de Maryse Lafont - 1942


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